La chasse et les fusils fins

La chasse et les fusils fins

Éjecteurs pour battues de haut vol

 

 

                     Quand la chasse dicte ses modes et ses besoins

 

                                                                                        

 

C’est dans la seconde moitié du XIXe siècle et jusqu’au début de la Première Guerre mondiale qu’eut lieu la plus grande révolution technologique dans le domaine des armes de chasse. En Angleterre, elle fut alimentée par l’émergence de chasses fastueuses aux tableaux spectaculaires. Ces besoins nouveaux poussèrent les fabricants à inventer les éjecteurs.

 

De 1850 à 1914, la Grande-Bretagne connut un développement sans précédent dans l'histoire des armes de chasse qui influença l'essor et le perfectionnement des armes et de leurs munitions dans le monde entier. Ce n’est pas exagérer que de dire que le système  social britannique dans son entier  s’organisa à cette époque autour du fusil de chasse.  Pas n'importe quel fusil, le meilleur que les mains de l'homme pouvaient faire naître, superbement construit, décoré avec goût, parfait dans ses moindres détails. «Rien n'a été fait de meilleur qu’un fusil fin de Londres », résume l’'écrivain anglais  Macdonald Hastings. Victoria régnait depuis 1837 sur un empire au sommet de sa puissance. Qui couvrait un cinquième du globe et s'étendait sur les cinq continents ; le soleil ne s'y couchait jamais, selon la formule célèbre. Sa puissance s’exerça  à tous les niveaux- militaire, industriel, économique, technique, financier. Autant de conditions qui vont profiter à l’industrie armurière, qui connaît alors une explosion créative extraordinaire. Mais dans le domaine somme toute plus modeste des armes de chasse, il fallut une impulsion particulière pour que le mouvement atteigne la même ampleur. Elle fut donnée par un homme, le prince Albert Edward, Bertie de son petit surnom.

 

Tout faire comme Bertie

 

Fils aîné de Victoria et héritier du trône, prince de Galles, le futur Edward VII régna toute sa vie durant sur la vie sociale anglaise, bien avant de régner sur celle de l’Etat, ce qu’il ne fit finalement qu’une petite partie de son existence, dans les quelques années qui précédèrent sa mort. Les goûts et les préférences de Bertie dictaient les activités de toutes les classes sociales de l’Angleterre de l’époque. Car durant soixante ans, s’étant vu refuser par sa mère de jouer le moindre rôle dans les affaires de l’Etat, Bertie fut «condamné» à ne faire que ce qui lui plaisait. Et ce qui lui plaisait le plus, c’était la chasse. Initié dans son enfance par un fin nemrod, son père, le prince Albert de Saxe-Cobourg-Gotha, Albert  Edward avait découvert les chasses traditionnelles avec des chiens, en groupe marchant, dans les plaines ou dans les bois à la recherche de leur proie. Ou encore «l'innommable à la poursuite de l’immangeable », selon les termes d’Oscar Wilde : la chasse au renard.

Dans ces années 1860, une révolution venait de se produire dans la façon de pratiquer la chasse, consistant en un réaménagement on ne peut plus simple mais qui allait entraîner de grandes conséquences. On ignore dans quel cerveau naquit cette idée brillante, toujours est-il qu’on fît en sorte que les oiseaux volent vers des tireurs postés et non plus que le chasseur  plus simple mais qui allait entraîner de grandes conséquences. On ignore  dans quel cerveau naquit cette idée  brillante, toujours est-il qu’on fit en  sorte que les oiseaux volent vers des  tireurs postés et non plus que le chasseur aille à la rencontre de l’oiseau,

Le tir de battue du petit gibier était  né et le prince de Galles devint son plus grand adepte.  Pour assouvir sa passion, en 1862, à l’âge de 20 ans, Bertie acheta un  domaine de 8 000 hectares pour la  somme de 220000 £ : le domaine de Sandringham, dans le Norfolk. Plus  tard, il l’étendit à 12 000 hectares et aucune dépense ne fut épargnée, 300000 £, pour le transformer en  un des meilleurs domaines de chasse du royaume. Outre la construction d’un somptueux pavillon de chasse en 1866, qui coïncida avec l’arrivée d’un garde-chasse en chef réputé, Jackson, le prince développa les ressources cynégétiques en faisant installer des élevages de faisans et de perdreaux. Il procéda aussi à l'aménagement des terres : système de remises, suites de layons, culture à gibier et installation d’agrainoirs. Il s’inspira des techniques et des méthodes employées dans le domaine légendaire du baron Hirsch à Sankt Johann, en Hongrie, où Bertie était souvent invité à chasser.

 

Durant les quatre semaines annuelles de tirés à Sandringham, le prince ordonnait que les quelque cent quatre-vingts horloges de sa propriété soient avancées d’une demi-heure afin de disposer de plus de temps pour la chasse en fin d’après-midi. C’était la «S.T. », Sandringham Time, une tradition qui se perpétuera jusqu’en 1936, année où le petit-fils de Bertie, Edward VIII, l’abolira. La journée de chasse à Sandringham commençait toujours à lOh 15 ST, soit en réalité 9 h 45. « Les rabatteurs, généralement entre cinquante et soixante, étaient tous habillés d'une blouse bleue, avec un insigne rouge, un numéro, un chapeau noir à ruban rouge, et chacun portait un drapeau », raconte Rachel Jones dans Sandringham, Past and Present. On pourrait presque imaginer qu’une large bande de paysans français courait la campagne en ordre dispersé. L'année se divisait et balayait le pays sous le commandement du garde- chasse en chef, conduisant les oiseaux sur les fusils. » 

Une invitation à Sandringham était très convoitée et le souverain ne conviait pas plus de huit fusils à la fois, habituellement des tireurs parmi les plus réputés. Tels Lord Ripon, Lord Walsingham, le prince indien Victor Duleep-Singh, sir Frederick Milbank, sir Harry Stonor, pour n’en citer que quelques-uns. Leurs exploits resteront inégalés dans les annales cynégétiques (lire encadré ci-dessous). Selon les chroniques de l’époque, le prince était considéré plutôt bon tireur, mais pas du niveau de ses exceptionnels invités. Georges Benoist, garde-chasse au service du baron Arthur de Rothschild, puis du prince Albert Ier de Monaco, relata dans ses Grandes chasses, grands fusils une  battue de perdreaux qui se déroula en France sur le domaine de Breteuil, dans les Yvelines, en 1899, à l’initiative du marquis de Breteuil en l’honneur du prince. «J'ai pu constater, écrit Benoist, que le futur roi d'Angleterre n’était pas, comme tireur, de la classe de son successeur au trône. » Ce jour-là, le prince tua tout de même près de cinq cents perdreaux. Son successeur au trône, le roi George V, sera considéré comme l’un des plus grands fusils du royaume, l’un des sept fusils qui réaliseront le tableau record de tous les temps dans une battue en Grande- Bretagne : le 18 décembre 1913 à Hall Barn, Beaconsfield, 3 945 gibiers (faisans, perdrix et lapins) seront abattus. 

 

Le tir est pour tous 

 

Ces tableaux records créèrent une mode et beaucoup parmi ceux qui aspiraient au statut de gentilhomme  voulurent posséder à leur tour une arme fine et pratiquer le tir de battue. Le mode de chasse se répandit dans toute la Grande-Bretagne au  point de devenir en quelques années la forme de chasse dominante. Il donnait plus d’occasions de tirer qu’en  chasse devant soi. Qui plus est, avec  lui, la chasse cessait d’être l’apanage  de l’homme actif, les personnes invalides, âgées ou corpulentes, les femmes aussi, pouvaient y prendre part.

 

Tout participait à son succès. Les chemins de fer venaient d’ouvrir un accès facile aux zones rurales riches en gibier, des voyages qui autrefois prenaient des jours devenaient l’affaire de quelques heures. Ce fut le temps des grandes battues organisées partout dans le royaume. Le tir devint un passe-temps pour tout un peuple, tous voulaient imiter leur futur roi. Les commandes pour de nouvelles armes étaient en constante augmentation, notamment pour les paires et les triplettes. Et, personne ne voulant passer pour un maladroit en public, les écoles de tir fleurirent dans le royaume. Les commandes individuelles de dix mille cartouches par saison sont monnaie courante dans les livres de l’époque, les ateliers de fabrication de cartouches étaient occupés jour et nuit.

 

Tous ces tireurs n’avaient qu’un seul but : tuer un maximum de gibier dans  un minimum de temps. Pour l'atteindre, ils pouvaient compter sur leur e adresse, mais également sur la qua- e lité de leurs armes. En d’autres termes, il y avait un lien direct entre la  qualité mécanique de l’arme et la  taille du tableau. La passion et le portefeuille bien rempli de ces chasseurs  faisaient les affaires des armuriers et  dans une simultanéité exceptionnelle, l’époque compta une génération d’armuriers incroyable : James Purdey,  Charles Lancaster, Joseph Lang, John Dickson, William Greener, Stephen  Grant, William-Rochester Pape, John Rigby, Westley Richards, Thomas Boss, James Woodward, Harris et Henry Holland... Tous partageaient une passion pour la perfection, héritée des incomparables frères Manton. Henry Sharp, une des grandes autorités en matière d’armes à feu au tournant du XXe siècle, écrivait dans son Modem Sporting Gunnery (1906) : « L’industrie des armes à feu britannique est sans égale parmi ses concurrentes dans n’importe quel autre pays. Incontestablement, il y a, à Londres, Edimbourg, Birmingham et dans les provinces, beaucoup de fabricants dont les produits présentent les plus hautes qualités de finition etl’ efficacités mécanique que d’autres experts ont comme moi le  plaisir de reconnaître. » 

 

Toutes voiles déployées, sous l’impulsion de l’engouement pour le tir de battue - mais aussi d’autres facteurs, dont la loi sur les brevets de 1852, qui rendit ces derniers beaucoup moins chers -, des centaines de brevets furent accordés pour autant de conceptions différentes : platines, chokes, systèmes d’armement, mécanismes sans chien, dispositifs de sécurité, top-lever, systèmes de verrouillage, self-opening... Ce faisant, la nature hautement compétitive du tir en battue et l’importance du tableau poussèrent une partie des armuriers à diriger leurs efforts vers l’amélioration de la puissance de feu. «L'histoire de révolution de l’arme de chasse à travers l'ensemble du XIXe siècle n’est rien de plus qu'une poursuite effrénée vers de plus en plus de puissance de feu » résume l’écrivain Geoffrey Boothroyd.

 

Une perte de temps insupportable 

 

 

Le passage au chargement par la culasse avait permis d’obtenir des cadences de tir plus élevées. Il fallait tout de même encore extraire les  douilles à la main et, dans les battues telles qu’elles étaient pratiquées à cette époque, où la rapidité avec laquelle un homme pouvait tirer était  aussi précieuse que la précision, cette  perte de temps était devenue insupportable. Un mécanisme qui éjecterait une cartouche usagée serait donc  un ajout très précieux, en apportant plus de vitesse dans le chargement, permettant, avec moins de danger, de brûler le maximum de cartouches le  dans le minimum de temps. Il fallait faciliter le chargement. Pas  question d’imaginer un système  d’auto-chargement sur une arme i basculante. Par contre, il était possible d’envisager une extraction automatique des douilles. Cette idée de d’éjecter une douille vide avait déjà été appliquée sur des armes militaires, les exemples les plus connus sont la carabine Soper de 1867 ainsi  que le Martini-Henry de 1871. Il semblait logique de l’appliquer aux fusils de chasse.

Toutes les sources semblent indiquer que le premier éjecteur efficace fut celui conçu en 1874 par un armurier de Londres (bien qu’il ait commencé sa carrière à Birmingham)  du nom de Joseph Needham. Un système efficace et fonctionnel mais peut-être apparu trop tôt (lire encadré p. 102). En 1878, Thomas Perkes, un armurier de Londres, breveta sous le n° 1968 un système de la plus haute importance à bien des égards. Non seulement il était le premier à loger les éjecteurs dans le devant, l’idée sera réutilisée par la suite par une foule d’inventeurs, mais le premier aussi à utiliser le principe mécanique bistable, qui  deviendra la base de tous les systèmes d’éjection qui ont perduré à  ce jour, dont le plus connu est le Holland & Holland, le plus souvent cité comme le Southgate.

 

Pendant les quatre années qui séparent l’invention de Needham et celle de Perkes, aucun nouveau brevet ne  fut enregistré. L’intérêt des armuriers pour l’éjecteur était encore faible. Seuls quelques-uns, notamment ; Lancaster, Greener et Churchill, ont t fabriqué sous licence des armes qui  leur sont propres sur le modèle de Needham. Mais ensuite, alors que le flux de nouveaux brevets pour le développement de la mécanique des  juxtaposés commençait à se tarir,  dans le milieu des années 1880, un  torrent de nouveaux systèmes  d’éjection furent brevetés. De 1880  à la fin des années 1890, pas moins de 89 mécanismes d’éjection furent couverts par des brevets anglais. Cette décennie fut l’âge d’or de l’invention des éjecteurs. C’est durant cette même période que les trois mécanismes d’éjection classiques furent inventés : le Deeley à ressort en V (1886/1888), le Baker à ressort hélicoïdal (1890) et le Holland & Holland (1893). W. W. Greener déposa son modèle en 1881, qui n’est autre qu’une adaptation des éjecteurs Needham à son propre fusil hammerless, le Facile Princeps. Cela semble logique si on se souvient que le fabricant avait repris l’activité de l’entreprise Needham en 1874– Greener avait tant apprécié la conception de Needham qu’il voulut acheter la société qui l’avait  fait naitre.

 

 

 

John Dickson breveta en 1887 un éjecteur adapté à son fameux Round Action avec un mécanisme contenu à l’intérieur de la bascule. En renonçant à faire de la longuesse le logement du mécanisme d’éjection, on obtient un poids maintenu plus à l’arrière de l’arme, à la faveur de ses qualités d’équilibre et de manipulation. L’Ecossais David McKay Brown ou l’Américain Ruger sont les seuls à ma connaissance qui utilisent encore aujourd'hui ce système pour leurs juxtaposés. Si on ajoute le principe enregistré  par William Wem en 1888 - qui équipe une arme célèbre, le juxtaposé Purdey,  ainsi que celui de Boss & Co - breveté par William Adams et John Robertson en 1897, on peut dire que tous les systèmes d’éjection qui ont été déposés ultérieurement ne sont en fait que des variations basées sur ces modèles éprouvés. Par un processus qu’on peut qualifier de «sélection naturelle », à partir de 1900, un modèle ou plutôt un principe de système d’éjection est devenu universellement adopté par la plupart des constructeurs, tout simplement parce qu’il s’était révélé être le plus pratique et le plus fiable. Il s’agit de l’éjecteur basé sur le système bistable, dont le plus célèbre représentant est le modèle H&H (ou Southgate), devenu un standard à la fois sur les juxtaposés et certains superposés. Même son principal rival, l’éjecteur Deeley, est tombé en disgrâce, au point que Westley Richards, I sa maison mère, l’a abandonné au profit du Southgate. Le système Purdey, qui n’a pas de levier d’armement de type classique et où des ressorts latéraux sont ajoutés aux éjecteurs, est tout de même basé sur le principe bistable (Southgate).

 

Personne n'a fait mieux.

 

On trouve certes des variantes au système H&H dans des armes construites en Italie, en Espagne, en France, en Angleterre, un peu partout en fait, mais les différences principales résident dans la façon dont le principe bistable est mis en application, pas dans son fonctionnement même.

Comme le confirme le père des experts britanniques contemporains d’armes de chasse, sir Burrard, dans son Modem Shotgun, «de nombreux fabricants d’armes prétendent avoir des modèles d’éjecteurs de leur propre conception et se réfèrent généralement à eux comme leur spécial deux pièces  éjecteur, mais presque tous ces éjecteurs sont des modifications du Southgate. » Même à notre époque de technologie très avancée, de conception et d’usinage assistés par ordinateur, personne n’a fait mieux.

 

Les éjecteurs des superposés les plus populaires n’impliquent pas de nouveaux principes. Le Browning FN, par exemple, possède un éjecteur, comprenant un chien d’éjection 5S actionné par un ressort hélicoïdal et  commandé par une gâchette. Ressorts et chiens sont dans la longuesse,  et le principe de fonctionnement est un peu comme celui d’une arme juxtaposée. Le japonais Miroku utilise  une disposition similaire, mais avec un ressort en V au lieu d’un ressort à boudin. L’éjecteur Merkel n’est pas très différent et utilise un ressort à boudin. Les éjecteurs Beretta, Perazzi, Zoli, Renato Gamba et la plupart des systèmes italiens ont les ressorts logés sur la frette, derrière les tire-cartouches, et comprimés quand l’arme est fermée ; on parle d’éjecteurs à échappement. Les gâchettes dans la longuesse tiennent les extracteurs en place, elles sont déclenchées par des tiges qui traversent le corps de la bascule poussée vers l’avant une fois que l’arme a tiré. David McKay Brown utilise le même système pour son fabuleux superposé Round Body, H&H et Purdey aussi pour leurs sportings. Certaines armes italiennes, comme les Rizzini, ont leur mécanisme d’éjection intégré dans la frette des canons avec juste une came d’armement dans le devant. Le principe est toujours similaire, mais il existe de nombreuses variantes, qu’il faudrait plus d’un article pour citer toutes. L’éjecteur du célèbre superposé Boss, alimenté par un ressort hélicoïdal, est moins copié. Il est très délicat et susceptible d’être endommagé par le propriétaire si celui-ci fait tomber la longuesse par exemple. Seul, à ma connaissance, Peter Nelson, un armurier anglais réputé, reproduit le Boss à l’identique, y compris son système d’éjection. Le système du superposé Purdey-Woodward est plus fiable. Le mécanisme d’éjection est constitué d’un ressort hélicoïdal monté autour d’un poussoir, libéré par une gâchette à bascule. Le nouveau superposé Dickson est de type Southgate, avec le chien propulsé par un ressort en V. Celui de Watson Bros fonctionne également sur le système mécanique bistable. 

 

L’époque des grands fusils

 

Pour donner une idée de la virtuosité et de l’habileté des grands fusils de cet âge d’or de la battue britannique, citons d’abord l’exemple de celui qui fut probablement le meilleur fusil de sa génération, Lord Ripon. On raconte qu’il était un fusil d’une vitesse phénoménale, il ne ratait jamais, ses coups de fusil suscitaient les applaudissements d’un public venu spécialement admirer ses exploits, comme la fois où il tua six oiseaux à la suite et que le sixième fut touché avant que le premier ne soit tombé au sol. Lors d’une des chasses de Sandringham, il tua 28 oiseaux en une minute. Le jour de ses 70 ans, 50 perdrix avec 52 cartouches, puis plus tard 420 grouses. Au total, de 1867 à 1923, il tua 556813 gibiers. D’autres exemples ?  Sir Frederick Milbank, un tireur de grande classe qui réalisa, le 20 août 1872, une performance extraordinaire : sur le domaine de Wemmergill Moor, dans le Yorkshire, il abattit 728 oiseaux dont 190 grouses en 23 minutes. Seulement huit jours plus tard, Lord Walsingham, ami personnel du prince de Galles, tira 842 grouses sur son propre domaine. Un record qu’il améliora le 30 août 1888, avec 1070 grouses. Le maharaja Duleep-Singh entra dans l’histoire comme l’un des plus rapides coups de fusil que la Grande-Bretagne eut jamais compté. Personne ne pouvait tirer aussi rapidement que lui. En 1876, à Elveden, il inscrivit un record de 780 perdrix.

 

 

L’éjecteur Needham

 

Needham breveta son système d’éjecteurs sous le n l 205 en 1874. Les éjecteurs étaient une partie intégrante de toute la mécanique et non pas, comme la majorité de ceux qui suivirent, un ajout à une mécanique existante.

La conception de Needham semble avoir été en avance sur son époque et son importance échappa probablement à ses contemporains. Il illustre en cela un constat de Napoléon III : «Les Inventions qui sont en avance sur leur temps restent inutiles jusqu’à ce que la quantité des connaissances générales s’approche de leur niveau ». Le fusil Needham est l’une des étapes les plus importantes dans révolution de l’arme de chasse. En plus d'être pionnier des systèmes d’éjection, il était aussi le premier hammerless armé par les canons. Soit un an avant l’un des monuments de l’histoire de l’arme de chasse. l Anson & Deeley. Mais l’histoire n’a pas réservé à Needham et son invention tous les éloges qu’ils méritaient.

 

Djamel Talha

 

 


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07/09/2016
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