La chasse et les fusils fins

La chasse et les fusils fins

Je m’en souviendrai

 

 

 

Je n'ai jamais écrit de poème dans ma vie. Mais si jamais je le fais, il s'agira de gambra. J'ai une relation très particulière avec ce magnifique  gallinacé. Il est pour ainsi dire inscrit dans mon ADN. En  dehors des pigeons et des étourneaux, mon père aimait beaucoup   tout ce qui a des plumes et des ailes.   Il m'a transmis la même affection, à la fois pour les oiseaux en général et pour celui qui a toujours été son favori. Si je m'intéresse plus à la bécasse ces derniers temps, c'est seulement parce que c’est un oiseau que j’ai récemment découvert  et parce que son étrangeté et son mystère titille mon imagination comme aucun autre. Mais aucun volatil ne touche mon cœur  comme le fait  l’alectoris barbara.  Ce fut un coup de foudre, et au cours de cette quarantaine d'années, depuis  la toute  première fois que je l’ai  vue dans les mains de mon  père  rentrant de la chasse, le sentiment n'a pas changé, si ce n’est pour se renforcer. Elle et la chasse sont synonymes dans mon esprit, entrelacées inextricablement avec des images de mon père, sa vieille cartouchière de cuir, son intrépide chienne Nina, son infaillible Verney-Carron et son dévouement total à poursuivre une livre et demie d'énergie cosmique pure habillée en plumes. Malheureusement, depuis mon installation en France dans les années 2000, je n’ai pu être en contact avec elle que très rarement lorsque je me rendais en vacances en Algérie. Alors vous comprenez, lorsque ce jour de mercredi 1er du mois de novembre, mon ami Habib m’invita à chasser « l’oiseau de ma vie » et de surcroît à proximité de mon village natal, Aoubellil, il ne me vint pas à l’esprit une fraction de seconde de refuser.

 

Habib  est un gentleman de la ville d’Oran qui est devenu un bon ami ces deux dernières années grâce à une passion que nous partageons, celle des fusils fins. Toujours vêtu impeccablement à la ville ou à la chasse, portant des lunettes, souriant et  la voix douce, Habib pourrait facilement passer pour instituteur. Il me fait penser à l’acteur Philippe Caubère qui a joué le rôle  de Joseph, le père de Marcel Pagnol, dans « La Gloire de mon père » et « Le Château de ma mère ».    La veille, il m’appelle vers 18h40 ; j’étais à Ain-témouchent, il me restait deux jours de vacances à passer en Algérie avant le retour en France. Il me dit : « Les copains  aimeraient faire une partie de chasse avec toi, es-tu partant ? »   ̶ « Partant ? Et comment ! »  ̶ « Malheureusement, a-t-il ajouté, contrairement à l’année dernière, nous n’avons pas de fusil libre pour t’en prêter un. »  Je lui ai expliqué que pour moi, avec des bon amis, des bons compagnons de chasse, faire ou regarder faire à la même valeur  ̶ et il n’en va pas ainsi pour beaucoup d’autres choses dans ce monde.

 

Sur un mercredi ensoleillé et doux, j’ai quitté Ain Temouchent à 7 heures du matin ; j’ai pris la nationale 96, une route que  je connais bien, d’abord vers Aoubellil pour récupérer mon père qui tenait absolument à  m’accompagner, puis vers le village voisin, Aghlal , où se situe le lieu  de rendez-vous qui n'est autre que le domicile de Boudia ,un gendarme à la retraite que mon père connaît bien.  Habib et ses amis étaient déjà sur place. Je les ai comptés, ils étaient quatorze dont certains que je connaissais déjà pour avoir chassé avec eux l’année précédente, et d’autres dont j’allais bientôt faire la connaissance. À la descente de voiture, nous fûmes aussitôt accueillis par Omar. C’est avec le fusil que m’a prêté  ce dernier que j’ai pu chasser l’année dernière. C’est un  homme affable, ouvert et disert, aux manières fringantes et franches et dont le look semble un peu déplacé dans le fin fond de la campagne de l’ouest algérien.   

 

Une fois les présentations faites, chacun de nous a regagné une voiture et, tel un cortège de mariage, nous quittâmes  le village. Après quelques kilomètres, le bitume laissait  place à un chemin de terre poussiéreux. Nous passâmes par une vieille ferme située sur une légère éminence, d’où je pus jeter un regard circulaire sur la contrée qui nous entourait. C'est un décor sauvage et fortement escarpé où les coteaux se succèdent aux coteaux, parsemés de rochers, plantés de chardons, de  lentisques, de jujubiers, de romarins, d'arbres rabougris, d’alfa, d’asperges sauvages, de palmiers nains et surplombant une pièce d’eau qui brillait comme un miroir d'acier poli.

 

Nous nous sommes garés à quelques mètres de la ferme. Mon père  partit se mettre à l’abri du soleil sous les arbres situés plus bas. Le groupe de chasseurs s’est réparti en deux équipes. Habib , le fils de ce dernier, Redouane, Abdel-ali, et un chasseur qu’on appelait  « le colonel » composait  une équipe.  Dans l’autre, il y avait Yahia, Amin, Adel, Boudia , Rafik et je crois, Hafid.

N’ayant pas de fusils, le Beau-fils de Habib et moi étions des suiveurs. Une fois sur  le terrain, nous nous sommes placés en ordre de bataille. Les  gambras vivent en petites compagnies, chacune avec son propre territoire. C'est le travail de la ligne de couvrir ce territoire, de sorte que lorsque la perdrix est finalement obligée de se lever, quelqu'un pourrait la tirer. Il n’existe pas de chasse plus exigeante physiquement que la poursuite  des gambras. Il y a un dicton amusant parmi les chasseurs de gambras, qui dit qu’on  les chasse la première fois simplement par plaisir, puis le reste de sa vie en espérant se venger des humiliations subies.

 

J’ai choisi d’accompagner  Redouane. C’est un garçon énergique, jovial, profil d’oiseau de proie et mouvement vif, comme tant de chasseurs que j’avais rencontrés jusqu’à présent, c’est aussi un homme ouvert et accueillant. Un vrai chasseur et un vrai marcheur. Il connaît ce coin comme s’il y était né. « Le pays de la gambra » m’a-t-il dit d’une voix presque inaudible comme s’il ne voulait pas éveiller les soupçons des perdrix, en expliquant les stratégies de chasse particulières nécessaires pour pouvoir mettre les gambras dans le carnier. « La chasse à la perdrix  est avant tout un travail d'équipe. », a-t-il expliqué. « Presque comme un exercice militaire. »  ̶ « Je vois ce que tu veux dire, lui ai-je dit, La gambra  a besoin d'être chassée et encerclée   ̶ parfois même acculée  ̶ pour être tuée, ce qui nécessite plusieurs fusils, peut-être quatre à huit chasseurs travaillant ensemble dans ce but. Sinon, la perdrix va  trouver des failles pour s’enfuir. »  ̶ « Ce sont des oiseaux difficiles ! », approuva Redouane en hochant la tête ; il ajouta aussitôt : « ils vendent chèrement leur vie ». Lorsque le signal a été donné pour commencer la marche, Redouane, en fin gentleman, décida de me passer son fusil, un Verney-Carron de calibre 12, et m’ajouta en plus  quelques cartouches. Je deviens le chasseur et lui le suiveur. Et à partir de ce moment-là, Le temps sembla s’écouler dans une autre dimension.

 

 

 Il faisait une belle journée ensoleillée, une de ces journées qui font se réjouir d’être en vie sur terre, à ce moment bien précis. Nous nous sommes déployés sur le flanc de la colline. Abdelali resta en bas, Habib et son fils prirent le haut  tandis que le colonel, Redouane et moi nous dispersâmes au milieu.  Alors que nous progressions fusil en main, une compagnie de perdrix décolla devant le colonel, nous l’avons vu lâcher deux coups de fusil très rapprochés, « pan, pan ! »  Quelques plumes flottaient bien dans les airs, mais aucun oiseau ne sembla interrompre son vol.

Nous traversâmes une  petite pièce de  labour pour  nous engager dans un nouveau couvert. Il était dense et épineux comme tous les bons terrains à  gambra, mais mon compagnon semblait s’y mouvoir sans effort, avec aisance et fluidité ; c’est un talent inné que j’ai observé chez tous les bons chasseurs qui possèdent une espèce d’habileté animale à traverser le fourré sans jamais avoir l’air de s’y accrocher, ni même d’être ralenti. Redouane s'arrêta soudainement et  se mit à me faire des signes pour m’indiquer un oiseau  à tirer. Je n’étais pas  du tout préparé à l’essor de cette première perdrix du matin, à ce fameux bourdonnement d’ailes qui arrête le cœur et trouble la vision. Elle est passée à ma gauche  et m’a parue hors de portée,  alors j’ai hésité une seconde, mais quand j’ai entendu Redouane crier « tire ! Tire ! », J’ai pivoté sur mes talons,  monté mon fusil, et tiré  comme un cochon... et je l’ai manquée.

 

Nous continuâmes, en espérant trouver d’autres oiseaux, chassant consciencieusement le flanc de colline et cette curieuse cuvette de déflation, sortes d’espace où la fragile couverture herbeuse a disparu pour une raison ou une autre. Il  s’est formé comme un cratère dans le sol. Les gambras affectionnent ces cuvettes dont l’épais couvert offre un abri efficace contre le vent. Nous arrivâmes au bord  d’un  vallon  au fond duquel  ne poussait aucune herbe ; en face de nous, un versant de colline couvert  de jeunes pins d’un vert éclatant qui contrastait avec le gris, le brun et le vert obscur d’un maquis composé de touffes d’alfa, de palmiers nains et autres végétations.  « Il doit y avoir quelque chose ici » remarqua Redouane. Je pressai le pas pour le rejoindre et j’entendis le claquement des ailes dans l’herbe. L’oiseau n’avait nulle part ou aller, sinon sortir au clair ou je l’attendais, prêt pour la minute de vérité. Je fis à peine deux pas, la perdrix  se leva de sous mes pieds comme une mine antipersonnelle et fila droit devant moi. Un « coup en cul »  facile pour n’importe quel chasseur. Je mis mon fusil en position, je suivis sa trajectoire et pressa la détente. Comme j’aurais aimé pouvoir raconter que j’avais proprement descendu cette gambra ! Mais à ma grande surprise, le satané coup n’est pas parti. L’oiseau fit un long vol plané et passa au-dessus des pins ; Redouane et moi le regardâmes s’échapper. « Que c’est-il passé ? »  interrogea Rédouane, l’air dépité. J’ouvris le fusil, retira les cartouches. Celle du haut était intacte, mais celle du bas  était vide. Deux secondes de réflexion et je compris : mon fusil personnel possède une particularité rare, c’est le canon du haut qui  tire en premier. Alors, par la force de l’habitude, après  mon tir raté du premier perdreau, au lieu de retirer  la cartouche vide du canon bas, je l’ai laissée et j’ai retiré celle du canon haut qui était pleine pour en remettre une autre. Vous comprenez maintenant pourquoi mon coup n’a fait qu’un ridicule  « tic ! » 

 

Nous reprîmes  la chasse. De temps en temps, j’observais  les autres  chasseurs alors qu’ils progressaient dans le couvert. Je remarquai que personne n’avait respecté la ligne de marche, au grand dam de Rédouane, et que chacun chassait de son côté. Je voyais Yahia suivre le fond de vallée. Il chassait  vite et sans hésitation, couvrant son terrain d’un pas rapide et sûr. Bien que nous ne nous soyons jamais rencontrés avant, Yahia m’avait été décrit comme «  le plus chasseur de la bande ». C’est un homme imposant avec un large et noble front qui bien qu’en tenu de chasse, donnait encore l’impression de porter son tablier de dentiste. Il semblait plus préoccupé que les autres par la question de l’avenir de la chasse en Algérie. La dernière fois que j’avais vu  Habib, ce n’était qu’un minuscule point disparaissant derrière la colline.  À un moment donné je me suis retrouvé à quelques mètres d’Abdel-alli. C’est un homme calme, timide, attentif, intensément courtois. Son semi-auto Verney-Caron en bandoulière, il avait toujours un sourire aux lèvres comme s’il avait en permanence cette conscience du plaisir d’être vivant à ce moment-là, et de se trouver ici dans cette nature qu’il aimait tant, à faire ce qu’il aimait faire.  Je fis un bout de chemin avec lui, puis je rejoignis plus haut Redouane. Nous avons monté puis descendu des pentes raides en fouillant les crêtes et les vallées, et aussi les pentes les séparant. Les oiseaux sont rarement coopératifs, ils courent loin en avant. Ils ne gagnent de la hauteur que pour mieux replonger en vol vers les parois  des autres  collines  et finalement disparaître. Nous chassâmes « dur » toute la matinée pour n’avoir eu  que deux occasions de tir et finalement… aucun gibier en poche. Mais aucune importance. Il y a des jours ou les oiseaux sont pour vous et d’autres pas du tout. Ma philosophie au sujet du tir que je tiens de mon père est que  la chasse est comme la vie, certains ont plus de chance que d’autres. Ce n’était pas le jour de sa mort, dira-t-il d’un oiseau manqué, mettant carrément l’affaire entre les mains d’une puissance supérieure, dégageant ainsi la responsabilité du tireur. Donc ce jour-là, les oiseaux  n’étaient pas pour moi et pour ceux qui l’étaient, ce n’était pas le jour de leur mort.

 

Il était midi quand nous décidâmes  d’interrompre la chasse. Nous rejoignîmes  mon père  sous l’ombre  des arbres où  nos amis avaient établi leur base. Arrivés sur place, une surprise nous attendait : un énorme méchoui était en préparation. Tandis que les chasseurs arrivaient l’un après l’autre, le préposé au méchoui  était affairé à entretenir la braise et à enduire de beurre fondu la chair qui changeait de couleur. L’air sentait bon l’agneau grillé. Au moment où le méchoui   fut déclaré à point, le préposé au méchoui, à la pointe du couteau, découpa des morceaux choisis qu’il nous fit servir sur la table pour la plus grande joie de nos estomacs. Je peux vous affirmer que vous ne mangeriez jamais meilleure viande, plus savoureuse et plus juteuse même dans les steakhouses les plus huppés de Paris. Ce fut un  interminable festin où chacun eut le loisir de se resservir à volonté et, comme  l’écrit Ardusson, les compagnons « saluèrent cette récolte avec des manifestations d’allégresse qu’en temps ordinaire, il eût au moins fallu la découverte d’un trésor pour déchainer ».

 Le tableau de chasse de cette matinée était maigre, trois perdrix et un lièvre, c’était loin de satisfaire tout le monde. Boudia résuma cette matinée de chasse en une phrase : "Les oiseaux sont ici, mais ils n'ont certainement pas été faciles à trouver." Yahia exprima son impression, à savoir que l’endroit  était très chassé et que nous perdions notre temps à rester ici. Il semblait vraiment certain qu’il y aurait plus d’oiseaux à Aoubellil. À presque l’unanimité, il a donc été  décidé  de changer de territoire. Les chasseurs étant d’éternels optimistes, notre moral remonta légèrement alors  que nous rejoignions les voitures, direction « la terre promise »  appelée « Djebel ouled abdselem ».  De passage à Aoubellil, j’en profite pour passer à la maison familiale. Je vais dire bonjour à ma mère et prendre mon frère Smain. Ayant raté la chasse du matin il ne voulait pas laisser passer sa chance l’après-midi. 

 

À notre arrivée, comme si elle avait été prévenue de notre présence, une compagnie de cinq perdrix  a décollé, plongeant d’abord dans le vide puis pliant les ailes et planant pour longer la pente comme une formation de minuscules avions de combat à l’exercice. Nous espérions que ces oiseaux s’éparpilleraient  sur le flanc de la colline, car ainsi ils seraient plus faciles à chasser. J’ai dit « Nous », c’est plutôt « eux » car je suis redevenu suiveur puisque Redouane avait repris son fusil.  Tandis que mon père, mon frère Smain et moi  nous nous positionnons en hauteur  pour pouvoir avoir une vue générale sur la scène de chasse, les chasseurs s’éparpillaient, chassant consciencieusement le flanc des collines. Nous les observions  progresser  en individuel, en binôme ou en petit  groupe, concentrés sur le seul objectif de poursuivre ces oiseaux qui s’envolaient devant eux , partageant la joie pure de se sentir en vie, de parcourir  en toute liberté des escapes sauvages sur des kilomètres, animés  du même esprit, ressentant une simplicité, une légitimité qui n’ont pas d’équivalent dans le monde moderne. Il y avait une notion du temps particulière, l’illusion d’être transporté dans une époque lointaine, plus calme, une retraite préservée des vains tapages de notre époque. De temps à autre, les fusils se mirent à crépiter. De loin, les détonations emportées par  la brise ne faisaient qu’un ridicule petit bruit d’amorces. Mon père était heureux, je voyais clairement dans ses yeux qu’il aimait ce territoire de la façon singulière et intime de celui qui a grandi là, y a vécu ses premières aventures, ses premières explorations, fait ses premières armes de chasseur et tout appris de la chasse. Le simple fait de voir l'éclat de ses yeux quand  il prend une gambra dans ses mains est tout ce dont j'ai besoin pour me rappeler pourquoi j'ai passé moi-même vingt années à faire la même chose.

 

Le soleil déclinait déjà de l'autre côté des collines lorsque les chasseurs  commencèrent à rejoindre les voitures ; seul Yahia et Hafid, qui étaient les plus infatigables du  groupe, continuaient de chasser. Nous étions confortablement assis quand nous entendîmes les coups de feu d’un fusil très rapprochés. Abdel-ali rigola et hocha la tête. « Yahia est vraiment dingue, dit-il, je savais qu’il n’arrêterait pas avant d’avoir trouvé des oiseaux ». Peu de temps après, Yahia arriva, mais bredouille suivi de Hafid qui, presque timidement, sortit un oiseau de son carnier, lui lissa les plumes avec une grande douceur et le disposa devant nous afin que nous puissions l’admirer.  La journée a pris fin avec quatre perdrix au tableau et les oiseaux avaient, comme l'avait dit Redouane, vendu leur vie bien chèrement.

 

Il y a des jours dans une existence de chasseur, dont on sait que l’on se souviendra toute sa vie, et ce jour-là en fera partie. Cette belle partie de chasse et ce méchoui étaient déjà inscrits dans notre mémoire collective de chasseurs comme de vielles photos de Noël dans un album. Nous nous promîmes d’autres chasses, plus tard, nous désolant de nous séparer, car nous étions amis et chasseurs.  Je les regardai s’éloigner d’Aoubellil, avec le cœur serré. Ce fut un plaisir de chasser avec des gentlemans, et je m’en souviendrai longtemps. Djamel Talha

 

La Gambra:

De tous les gibiers  Algériens, aucun n'est plus célèbre que la perdrix gambra. Elle diffère peu de sa  cousine la rouge : le tour de ses yeux, son bec et ses pattes sont d'un magnifique rouge corail. Elle a, sur  le haut des ailes, des plumes d’un beau bleu bordé de rouge brun, mais  c’est grâce à son  collier marron  parsemé de taches blanches   ̶ qui fait la transition entre le cou et la poitrine   ̶ qu’on la reconnaît et la différencie des autres. C’est l’oiseau gibier suprême en Algérie. Elle devrait être, à mon sens, et je suis très  sérieux, considérée comme un emblème national et cela pour plusieurs raisons.  D’abord parce qu’elle était là avant nous. La gambra  a peuplé  les terres algériennes depuis la fin des glaciations. Ses ancêtres ont évolué sur ce pays depuis près de vingt-cinq millions d’années.  Ensuite parce qu’elle caractérise deux grande  valeurs dont chacun devrait témoigner : le courage et la fidélité.  Ainsi nous savons qu'une perdrix est fidèle à son compagnon ; le cercle familial est maintenu jusqu'à ce que les enfants prennent leur envol, quittent la maison et vivent leur vie de manière autonome quand il s'agit de défendre leur progéniture, les parents font preuve d’un courage exemplaire et leur sacrifice est  sans faille (exemple : la technique de l’oiseau blessé). Enfin, comme l’algérien   ̶ je suppose  ̶, la gambra a un sens du patriotisme très aiguë, elle défend ardemment son territoire Djamel Talha.

 

 

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05/01/2018
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