Réflexions sur la chasse et ses armes

Réflexions sur  la chasse et ses armes

Le hammergun

 

 

 

Les fusils à chiens appellent en nous une certaine nostalgie. La nostalgie d’une époque où le petit gibier était abondant et la ruralité encore préservée des réseaux routiers et du tout béton. Une époque que ces armes, avec leurs lignes douces et le cérémonial de leur armement, semblent faire rejaillir.

 

Beaucoup considèrent les fusils à chiens apparents (hammerguns en an­glais, par opposition aux hammerless) comme des objets horriblement archaïques, à ranger avec les appareils photo Polaroid ou les machines à écrire Remington. Moi je les aime. Nulle arme n’est plus élégante à mes yeux que ces vieux fusils aux lignes pures, affublés d’une paire de chiens en col de cygne. Peu importe qu’ils soient à platines arrière ou avant, à mono­détente ou à double détente, à clé d’ouverture supérieure, latérale ou inférieure, à éjecteurs ou à extracteurs. S’ils sont bien réalisés, ils recueillent mon attention immédiate. J’affirme que leur simplicité mécanique est une merveille d’excellence et de fiabilité qui les placent au-dessus de leurs cousins plus complexes que sont les hammerless. Je vais tâcher de vous le prouver.

 

En rebond et en sûreté

 

On les dit peu sûrs, car contrairement aux fusils sans chiens, qui sont armés sitôt qu’ils sont refermés, ils ne disposent pas de système de sécurité mécanique. Certes, mais ils n’en ont pas besoin ! Exceptionnellement, cer­tains modèles très anciens, plus fré­quemment des carabines doubles que des fusils lisses, possédaient d’ail­leurs une sécurité mécanique, appelée verrou de sûreté coulissant. Il s’agissait d’un verrou placé sur la plaque de platine s’insérant dans une encoche taillée à l’intérieur du mar­teau et empêchant la chute de ce der­nier. Le dispositif resta cependant anecdotique, et se rencontre rarement sur les armes construites après 1880. Passé cette date, la plupart des fusils à chiens du marché disposaient d’une platine rebondissante. Ce système, appelé aussi ricochet, a été mis au point à la fin des années 1860 par les armuriers Aston Bardell, William Powell et John Stanton. Il s’agit d’une platine classique dont le mar­teau n’a que deux positions : armée et demi-armée. A la mise à feu, le marteau frappe le percuteur et rebon­dit instantanément, avant de revenir se placer en position de sécurité, au cran de demi-armé. Il est alors impos­sible de décharger l’arme acciden­tellement par un choc sur le marteau. Par contre, une fois les marteaux ar­més, il n’existe aucun mécanisme pour empêcher le tir quand les dé­tentes sont actionnées. Malgré cela, le fusil à chiens est plus sûr que le hammerless, car fermé, gâchettes dans le cran demi-armé, il ne peut se déclencher si ses détentes viennent à être actionnées ou en cas de chute. En revanche, faites tomber un hammerless ou soumettez-le à un choc violent : le coup peut partir en dépit de la sécurité. Sans oublier l’avan­tage le plus évident du fusil à chiens: vous savez d’un coup d’œil s’il est armé ou pas.

 


Outre cette sécurité renforcée, la pla­tine rebondissante a l’avantage d’ac­célérer le cycle de mise à feu, de ne pas nécessiter de mettre manuelle­ment les marteaux dans la position demi-armée et de faciliter l’ouver­ture du fusil en évitant l’enclouage des amorces. C’est une fonction extrêmement utile qui mérite d’être recherchée si vous envisagez l’achat d’un fusil à chiens - elle devient la norme à partir des années 1880, mais des armes dotées de platine non re­bondissante continuèrent à être fabri­quées ici et là. Dans tous les cas, veil­lez à vérifier l’état du cran demi-armé (ou de sécurité). Dans une platine non rebondissante, une encoche cas­sée  sera évidente, la gâchette ne pou­vant tout simplement pas tenir la po­sition demi-armée. Pour une platine rebondissante, l’état de l’encoche se vérifie en poussant les marteaux en avant : si les marteaux sont sains, vous ne pouvez pas les déplacer sans presser les détentes. Toute pièce mécanique est susceptible de se briser et un cran de sécurité usé ou cassé n’est pas rare. Dans certains cas, le cran est réparable, mais bien souvent la réalisation d’un nouveau marteau est nécessaire, au prix d’un haut degré de savoir-faire.

 

 

Quand la forme épouse la fonction


Le fusil à chiens est une arme méca­niquement très simple car compre­nant peu de pièces mobiles : deux chiens extérieurs et un mécanisme intérieur constitué du grand ressort, de la gâchette, du ressort de gâchette, et pas beaucoup plus. C’est consi­dérablement plus simple qu’un fusil sans chiens extérieurs et, par consé­quent, moins enclin à un dysfonc­tionnement, qui le cas échéant sera facile à réparer. Voilà qui explique que de nombreux fusils à chiens, cer­tains fabriqués il y a plus d’un siè­cle, sont toujours utilisés. Ces armes ont tiré des centaines de milliers de cartouches au cours de leur vie et sont encore parfaitement fonction­nelles. Par leur simplicité et leur force naturelle, elles furent le choix évi­dent des chasseurs de gros gibier jusqu’à la fin du siècle dernier et même plus tard. « Le hammerless ne me semble pas encore assez sûr pour les pays perdus où l'on manque d'ar­muriers», observait Edouard Foa, célèbre explorateur et géographe français qui passa cinq ans à chas­ser en Afrique durant les années 1890, comme il en fit le récit dans sa Chasse aux grands fauves. D’ail­leurs des modèles continuent à être fabriqués pour les chasseurs d’Afri­que ou d’Asie, aux yeux desquels un fusil robuste et fiable dont les pièces sont facilement remplaçables compte bien plus que la rapidité de percussion d’un hammerless. L’élégance est une «qualité qui se caractérise par une grâce faite d'har­monie, de légèreté et d'aisance dans la forme et les lignes, dans la dispo­sition et les proportions des parties, dans le mouvement». Nous avons là l’exacte description du fusil à chiens extérieurs ! Parce qu’ils n’ont pas à loger de grands chiens internes, le cadre, le mécanisme et le corps de platine de ces fusils peuvent être plus petits, ce qui permet à la fois de réduire le poids et d’amincir le pro­fil de l’arme. En outre, les marteaux et les coquilles aux percuteurs en sail­lie sont pour l’armurier l’occasion de déployer tout le savoir-faire artis­tique dont il est capable en maniant ses burins et ses limes. Pour bien des amateurs, les hammerguns repré­sentent la symbiose parfaite entre la forme et la fonction, l’apogée esthé­tique de l’arme de chasse. Thomas Gough les qualifie de « pur-sang», Cyril Adams les tient pour les « ar­mes les plus élégantes et les plus par­faitement proportionnées jamais réa­lisées». Et Robert Braden d’ajouter que leurs «lignes élégantes [sont] approchées par le hammerless à pla­tines, mais jamais pleinement atteintes par celui-ci ou toute autre arme », elles sont « l'archétype des armes comme forme d'art».

 

 

Ces fusils sont non seulement élégants mais bien balancés ! La balance d’une arme est certes un critère sub­jectif, mais nul ne peut rester insen­sible à la combinaison de poids et d’équilibre offerte par un hammer gun, et à la maniabilité exquise qui en découle. Il est dit que le fusil le mieux équilibré de tous les temps fut un James Purdey avec chiens extérieurs et canons damas. «Dieu le Père tire avec un Purdey à chiens», dit Thomas Gough, en connaissance de cause puisqu’il est le premier à avoir introduit la notion de « moment d’inertie », selon une approche pres­que scientifique de l’équilibre. Par sa conception, un fusil à chiens per­met de faire des ajustements de poids avec beaucoup de liberté, que ce soit dans la masse totale ou dans sa dis­tribution. La bascule, même d’un calibre 12, peut être amincie tout en demeurant solide car les pièces in­ternes peu nombreuses nécessitent moins d’évidements pour les accueil­lir qu’avec un hammerless. En outre, toujours selon Thomas Gough, le hammer gun s’accommode plus faci­lement de canons plus longs. Voilà pourquoi ce fusil pointe et swingue plus efficacement. Cela vous sem­ble abstrait ? La prochaine fois que vous avez l’occasion de prendre en main une de ces armes, soupesez-la, montez-la à l’épaule, reposez-la, remontez-la à nouveau. Ensuite, prenez un autre fusil... La différence d’équilibre et de vivacité ne fera pas l’ombre d’un doute. Dans le premier cas, c’est un peu comme si l’arme prenait vie entre vos mains. La ba­lance de ces fusils peut rendre jaloux bien des utilisateurs de hammerless. Mais alors, quels sont les inconvé nients à utiliser un hammer gun en comparaison d’un hammerless mo­derne ? Je crois qu’il y en a absolu­ment aucun !

 

Engouement et prix à la hausse

 

 

Dans les dernières années du XXe siè­cle, le hammer gun connut un regain de popularité, particulièrement aux Etats-Unis, tant et si bien qu’on le vit se glisser de nouveau dans les cata­logues des fabricants. On peut aujourd’hui faire l’acquisition d’un modèle bien réalisé et abordable chez Bernardelli, Pedersoli, Bernizan, Shotwell & Sons, ou Aya. Dans une autre catégorie de budget, chez Peter Hofer, Battaglia, Piotti, Perugini & Visini, Manifattura Art Armi, ou encore Fratelli Bertuzzi et Famars avant leur fermeture, vous trouvez des fusils si méticuleusement conçus et si beaux qu’ils peuvent presque bri­ser votre cœur. Un hammer gun a été réintroduit en 2004 chez Purdey pour un budget minimum de 80 000 €. Sur le marché de l’occasion, ce retour en grâce s’est accompagné d’une véri­table flambée des prix, jusqu’à attein­dre des sommets faramineux pour certains modèles. Chez Christie’s, à l’automne 1998, une paire de ham­mer guns Purdey calibre 20 construite en 1929 pour le roi George V, a été vendue pour 84 000 £ (98 000 €) et un Woodward calibre 12 réalisé en 1911 pour le comte de Cork et d’Or- rery pour 17 250 £ (20 000 €). Chez Sotheby’s, le 16 avril 2014, une paire de calibres 20 Purdey construite en 1895 pour Sir Harry Stonor a été adju­gée pour 24 500 £ (28 500 €) par le commissaire-priseur Garvin Gardi- ner. Le 15 avril 2005, sous l’orches­tration du même commissaire, un cali­bre 8 fabriqué par John Dickson & Sons pour Charles Gordon est parti à 41000 £ (48 000 €). Ce sont là des montants exorbitants réservés à quel­ques « happy few » et collectionneurs de haut vol en quête de pièces uni­ques. Heureusement demeurent d’au­tres modèles accessibles au commun des mortels, surtout pour des fabri­cations auxquelles les Américains ne portent pas encore leur attention. Des centaines d’armes à chiens françaises ou belges enfouies sous une bonne couche de poussière peuvent même être acquises pour une bouchée de pain ! Bien entendu, si vous êtes candidat, il vous faudra prendre en comp­te un certain nombre de critères pour être sûr d’avoir affaire à un bon fusil et y consacrer le temps nécessaire. Mais la démarche est loin d’être vaine, on peut aujourd’hui se procurer un fusil à chiens pour relativement peu d’argent, généralement moins de la moitié du prix d’un hammerless com­parable chez le même fabricant.

 

Platine rebondissante d’un coup d’œil

 

Il existe une astuce simple pour identifier en un instant une platine est rebondissante : la disposition extérieure des trois axes situés derrière le chien forme un triangle isocèle dont le sommet est pointé vers le bas. Dans les armes non équipées de platine rebondissante, à l’abattu, les marteaux s’appuyaient sur les percuteurs, qui faisaient saillie hors du rempart. Si on ne prenait pas la précaution de mettre les marteaux au cran demi-armé avant de charger un fusil, un départ à la fermeture pouvait se produire lorsque ces percuteurs en saillie étaient violemment mis en contact avec les amorces.

 

La renaissance

 

Le hammergun fait un lien entre le chargement par la bouche, les tout premiers fusils chargés par la culasse, y compris le fusil à aiguille, et l’hammerless moderne que nous connaissons. Son âge d’or fut de courte durée, des années 1860 jusqu’aux années 1880, et sa fabrication devint rare après 1900. Symbole d’une époque, il laissa petit à petit la place au hammerless. Un siècle plus tard cependant, dans les années 1980, alors qu’on le croyait définitivement relégué au passé, supplanté par l’hammerless, il fit un retour remarqué, toujours d’actualité en ce début de XXS siècle.

 

Trouvez le vôtre

 

La première chose à avoir à l’esprit est l’état des canons. L’apogée du hammergun coïncida avec celui des canons en damas, qui étaient desti­nés à des cartouches à poudre noire. Les préjugés négatifs à l’égard du damas sont bien ancrés dans l’esprit des chasseurs contemporains, com­me ceux à l’égard du fusil à chiens. On a trop fait passer le hammer gun pour une antiquité et le hammer gun à canons en damas comme une anti­quité dangereuse... Non, les canons en acier ne sont pas forcément meil­leurs que ceux en damas, comme l’a fait croire toute une génération de « spécialistes ». Comme me l’a dit Graham Greener, dont la maison qui porte son nom a remis au goût du jour le damas : « Un bon canon est un bon canon, peu importe s'il est en damas ou en acier. » En réalité, aucune règle n’existe pour évaluer la qualité d’un canon ancien. Cer­tains damas sont parfaitement aptes au tir de munitions modernes raison­nablement chargées. D’autres qui paraissent en parfait état se révèlent être de véritables bombes à retarde­ment. Le seul critère sur lequel appuyer votre jugement réside dans un poinçon d’épreuve récent. Beau­coup de vieux canons damas éprou­vés d’origine uniquement pour la poudre noire ne seront pour autant pas dangereux avec des cartouches à poudre nitro (sans fumée). D’au­tres éprouvés poudre vive d’origine (« nitro-proof») ne résisteront pas à une charge moderne. Pour une arme âgée d’une centaine d’années, le poinçon « nitro-proof » ne constitue aucune garantie, pour la simple et bonne raison qu’on ne sait rien de ce que les canons ont subi tout au long de leur carrière et qu’ ils peuvent avoir été réalésés, repolis, rebronzés ou modifiés de manière à avoir rendu l’épreuve d’origine invalide. Ainsi ne considérez aucun canon damas sûr s’il n’a pas été récemment éprou­vé pour les munitions modernes par un banc d’épreuve européen - la rè­gle est valable pour n’importe quel­le arme quelle qu’en soit l’origine. Les canons peuvent sonner comme un diapason et briller comme un sou neuf intérieurement et extérieure­ment, ce n’ est pas pour autant qu’ ils sont sains. Un joli son signifie seu­lement que les bandes sont encore bien fixées et la brillance peut aussi bien être celle d’un canon d’origine resté intact que celle d’un canon repoli, avec le danger inhérent du repolissage excessif qui laisse der­rière lui des parois minces comme du papier. Un examen aussi minu­tieux qu’il soit ne peut fournir de conclusion sur l’état des canons, l’ex­pertise du regard ne suffisant pas dans ce domaine. Le véritable expert vous dira que l’épreuve est le seul test fia­ble. Si vous envisagez d’acheter un fusil damas qui ne comporte pas un poinçon récent, vous devez commencer par vous adresser à un canonnier, autrement dit un professionnel qui possède et sait manier les instruments appropriés pour mesurer les alésages et l’épaisseur de la paroi des tubes.Lui seul peut vous fournir un avis sûr. Personnellement, j ’ ai pour règle de ne jamais appuyer sur la détente d’un fusil qui n’a pas été éprouvé pour les munitions modernes. Cela ne veut pas dire que vous devez renoncer à acquérir une telle arme, mais ayez la sagesse de la faire repas­ser par un banc d’épreuve. La chose n’est ni difficile, ni particulièrement coûteuse, il vous suffit d’expédier le fusil au banc national d’épreuve de Saint-Etienne, par envoi recom­mandé, avec un chèque de 72 €, pour l’épreuve elle-même et les frais de réexpédition, en spécifiant votre demande et votre adresse. Mieux vaut perdre quelques euros que quelques doigts, voire la main entière. Votre joli fusil hors d’usage est alors un moindre mal. La règle vaut d’ailleurs aussi pour les vieilles armes à canons en acier. Car une arme âgée n’a pas été éprouvée pour la poudre vive (sans fumée), et même si elle l’avait été, vous ne pourriez pas deviner le traitement dont elle a fait l’objet depuis. Pensez aussi à prendre en compte la longueur de la chambre. De nombreux hammerguns ont été construits avec une chambre de 65 mm, d’autres de 70, il n’y a pas de règle. Connaître cette mesure est nécessaire pour adapter les charges et le tir. Encore une fois, l’œil d’un armurier est nécessaire.

 

Quelques gestes à réapprendre

 

Utiliser un fusil à chiens extérieurs vous demandera de revoir votre façon de manipuler une arme. Autrefois, entendez plusieurs générations en arrière, tout le monde était familia­risé avec ces fusils, au même titre que tout le monde savait seller un cheval et tenir dessus. Malheureusement, ces gestes aussi ordinaires qu’ils aient été ne se sont pas transmis intacts de génération en génération. Résultat, le hammergun peut nous apparaître comme un objet étrange, lent, voire effrayant. Oui, l’armement des deux chiens demande un peu de temps pour s’y habituer, tout comme une boîte de vitesses automatique requiert un temps d’adaptation à l’automobiliste coutumier du levier de vitesse et de l’embrayage, et réciproquement. Mais soyez certain qu’avec un peu de pratique l’armement devient intui­tif et prend à peine quelques secon­des. Et si vous êtes un chasseur de gibier d’eau, de pigeons ou que vous chassez au chien d’arrêt, la vitesse ne constitue pas une nécessité.

 

Vous devrez aussi acquérir de nou­veaux réflexes, ou retrouver ceux des « anciens », dans la façon de porter votre hammergun. Une première so­lution consiste à laisser les marteaux rabattus jusqu’à ce que vous soyez prêt à tirer. Si l’arme a un mécanisme rebondissant en bon état, il faut vrai­ment un choc très brutal pour que le cran de sécurité du chien cède et en­traîne le marteau contre le percuteur, ce qui peut arriver même pour un fusil hammerless. Une deuxième possibilité est de laisser les chiens armés, mais à condition que le fusil soit cassé, jusqu’à ce que vous déci­diez de tirer. Quand l’arme est ou­verte, les percuteurs ne peuvent bien sûr pas atteindre les amorces. Toute­fois, assurez-vous que les canons sont dirigés en toute sécurité et de ne pas fermer le fusil brutalement : manipulez-le comme vous devez le faire avec toute arme. Le fusil cassé est aussi le moyen le plus sûr pour désarmer le mécanisme. Chaque marteau doit être tenu à tour de rôle avec le pouce et être rabattu. Les grands ressorts sont durs, votre pouce peut glisser de la crête du marteau, mais il n’y a pas de danger tant que l’arme est ouverte. Certains modèles récents, comme ceux de Purdey, Fa- mars ou Bertuzzi, sont équipés d’un cran de sécurité classique identique à celui des armes de chasse moder­nes. Dans ce cas, vous pouvez por­ter le fusil armé et fermé, tout comme un hammerless, et passer à l’action avec une vitesse optimale, mais en prenant l’habitude de toujours ouvrir le fusil lorsque vous le désarmez. En étant persévérant, il est possible de trouver des hammerguns dotés d’à peu près toutes les fonctionna­lités d’un hammerless, y compris l’éjecteur et la monodétente, même si cela reste rare. Certains armuriers ont réalisé des modèles à armement automatique, les plus anciens sont basés sur le brevet de Thomas Perkes (n° 129 de 1876) qui implique un bras en forme de T monté dans la face de la culasse ; la rotation du levier supérieur soulève le bras qui vient en contact avec les marteaux et les pousse à la position armée. Les systèmes ultérieurs, y compris ceux actuellement utilisés en Italie, sont basés sur le système Holland & Hol- land, à savoir l’armement automa­tique par levier interne qui ne diffère pas vraiment de la façon dont la plu­part des hammerless sont armés aujourd’hui.

 

« Un fusil sans chiens est comme un spaniel sans oreille», avait coutume de dire le roi d’Angleterre George V. Lui et les quatre autres grands fusils de son époque, Lord Ripon, Lord Walsingham, Louis Ier du Portugal et le collectionneur excentrique Char­les Gordon tiraient avec un fusil à chiens et refuseront de passer à l’hammerless bien après leur généralisa­tion. Il est rapporté que Lord Ripon, qui ne ratait jamais et dont les coups de fusil suscitaient les applaudis­sements d’un public toujours nom­breux pour aller admirer ses exploits, tua six faisans presque simulta­nément avec sa triplette Purdey à chiens extérieurs. Des fusils que Lord Ripon utilisa jusqu’à sa mort au cours d’une chasse dans sa propriété de Studley Royal. Il est mort les armes à la main, et ces armes-là avaient du chien !   

 

 

Les poinçons

 

LES POINÇONS ANGLAIS

NP : épreuve pour la « poudre sans fumé » (ou poudre vive). BNP : épreuve pour la poudre sans fumée (ou « nitro proof») ; le tir des cartouches modernes peut se faire sans crainte dans ces fusils.

R couronné : concerne des fusils fins éprouvés uniquement à la poudre noire et qui ont été par la suite rééprouvés pour la poudre vive. Le poinçon est souvent accompagné du terme «nitro proof».

LES POINÇONS ITALIENS

PSF, avec une ou deux étoiles : épreuve pour les poudres sans fumée.

LES POINÇONS BELGES

PV : épreuve ordinaire à la poudre vive (sans fumée).

PV avec lauriers : épreuve supérieure.

LES POINÇONS ESPAGNOLS

BP dans un blason : épreuve ordinaire des armes

se chargeant pas la chambre.

CH dans un blason traversé de deux épées : épreuve renforcée à la poudre vive des armes se chargeant par la chambre.

LES POINÇONS FRANÇAIS

PT : épreuve pour la poudre sans fumée.

PT surmonté d’une couronne : épreuve supérieure pour Saint-Etienne.

PT avec une ou deux étoiles : épreuve supérieure pour Paris.

R : épreuve pour la poudre noire, puis réépreuve pour la poudre sans fumée.

R surmonté de deux couronnes : réepreuve supérieure.

 

                                                                                                                Djamel Talha

 

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18/11/2018
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