La chasse et les fusils fins

La chasse et les fusils fins

Le vieux fusil

 
Moi, le vieux fusil sans fard
usé par les rameaux et le froid, j’attends avec patience
qu’une main m’épaule pour le bois.
 
Suspendu près du cor
au-dessous de l’ancêtre encadré,
je pointe tel un canon à sabord
le sablier à demi égrainé.
 
Comme un marin, je veille au quart
pendant que l’horloge aiguillée sonne un passé habité
de rêves et de faux départs.
Las, je pose mon regard
sur le braque immobilisé
par les relents de mon palier
peuplé d’ici et de nulle part.
 
Enfin! Je suis en bandoulière
sur mon ami de demain et d’aujourd’hui,
nous partons découvrir le couvert
du grand pommier chablis.
 
Chargé, je ne suis plus à l’écart
mais contre un corps qui tend la main
à l’enfant et son chien
qui forment un duo non épars.
 
Deux fusils arpentent le chemin,
l’un d'argent l'autre d étain,
portrait esquissé du sort
sous des rayons de poussières d'or.
 
Trois ombres, deux fusils,
des pas sans ennui
mêlés aux rires aux éclats
après i’arrêt raté du sous-bois.
 
C’est la grande nuit
pour deux bécasses et une perdrix;
l’enfant Do épuisé s'endort
près du vieux.., du vieux fusil.
 
Histoire d’homme, histoire de fusil
poème de vieux, de vieux croquis;
histoire en somme
de toute ma vie.
Yvon-Louis Paquet
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25/11/2017
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